Accueil > Le projet > Tour d’horizon des caméras publiques à Bruxelles

Tour d’horizon des caméras publiques à Bruxelles

Quelques infos sur la situation actuelle en termes de caméras installées par les institutions publiques bruxelloises.

Légalement, les images peuvent être conservées jusqu’à 30 jours. En pratique, le matériel policier limite cette durée, la capacité de leur serveur informatique est trop faible. Néanmoins, la région bruxelloise prévoit de "mutualiser" le réseau de vidéosurveillance public à Bruxelles. Ainsi, durant les prochaines années, toutes les caméras publiques seront raccordées au réseau de fibre optique IRISnet et toutes les images seront stockées pour 30 jours dans un data center du CIRB (centre informatique de la région bruxelloise).

Attention,ces chiffres correspondent à la situation fin 2014. Les chiffres peuvent avoir changé depuis lors. Le prochain plan de développement concerne la commune de Molenbeek, où le nombre de caméras devrait doubler en 2015. Le réseau devrait être complètement remis à neuf - il faut dire qu’il se fait vieux, la commissaire en charge de la zone Ouest déplore de façon hebdomadaire de 10 à 50% de caméras défectueuses, en raison du vieillissement de l’installation, des travaux de voirie qui ont une fâcheuse tendance à sectionner les fibres optiques policières, voire à cause de sabotages purs et simples. Ensuite, c’est la zone Midi qui prévoit de renouveler et développer son "parc de caméras". Toutes ces opérations coutent un fric monstre : 2,6 millions d’euros dans la zone Midi, près de 10 millions pour les dernières phases de la zone Bruxelles CAPITALE Ixelles, 6 millions pour les caméras intelligentes de la zone Nord... C’est pas la crise pour tout le monde on dirait...

D’ailleurs, les sources de financement ne manquent pas. C’est pas moins de 20 millions que l’Union Européenne offre à Bruxelles chaque année pour améliorer la sécurité dans la ville, encadrer les sommets européens, etc. Mais la thune vient aussi du niveau fédéral (ministère de l’Intérieur) qui subsidie les communes ’défavorisées’ pour qu’elles investissent dans la sécurité et la prévention ; dans ce cadre Bruxelles reçoit 6,8 millions par an. Mais c’est pas tout ! Quand il s’agit de nous coller des yeux électroniques au cul, on peut aussi compter sur le soutien de la Région bruxelloise, des communes, et puis la police y met parfois encore directement de sa poche. Tous unis pour nous fliquer en somme.

5339 Polbru : 363 caméras

  • Bruxelles-Ville
    • 1000 Bruxelles : 222
    • 1020 Laeken : 64
    • 1120 Neder-Over-Hembeek : 6
    • 1130 Haren : 6
  • 1050 Ixelles : 59

Images conservées pour une durée inconnue

5340 Bruxelles-Ouest : 149 caméras

  • 1080 Molenbeek-Saint-Jean : 66
  • 1081 Koekelberg : 48
  • 1082 Berchem-Sainte-Agathe : 16
  • 1083 Ganshoren : 5
  • 1090 Jette : 9

Images conservées 7 à 12 jours, en fonction de la bande passante

5341 Midi : 126 caméras

  • 1060 Saint-Gilles : 40
  • 1070 Anderlecht : 68
  • 1190 Forest : 19

Images conservées 3 jours.

5342 Sud-Est (Marlow) : 42 caméras

  • 1160 Auderghem : 0
  • 1170 Watermael-Boitsfort : 0
  • 1180 Uccle : 42

Images conservées 10 jours.

5343 Est (Montgomery) : 53 caméras

  • 1040 Etterbeek : 24
  • 1150 Woluwé-Saint-Pierre : 14
  • 1200 Woluwé-Saint-Lambert : 25

Images conservées 30 jours

5344 Nord (Polbruno) : 163 caméras

  • 1030 Schaerbeek : 73
  • 1140 Evere : 44
  • 1210 Saint-Josse-Ten-Noode : 46

Images consevées 30 jours

Pendant les années 90 et début 2000, c’étaient les communes qui s’occupaient de la surveillance par caméra. Mais aujourd’hui, la vidéosurveillance est gérée par les zones de police (à l’exception de la commune de Koekelberg, où les images sont visionnées en direct par des stewards - les bonhommes mauves - dans une salle de l’hôtel de ville). Dans les commissariats de police, les images s’affichent sur de nombreux écrans dans les dispatchings zonaux. Il n’y a donc généralement personne qui s’occupe pleinement de regarder les images, les agents sont occupés à répondre au téléphone et à gérer les patrouilles. Néanmoins, en cas d’incident, lesemployés du dispatching peuvent prendre contrôle des caméras pour évaluer une situation sur le terrain eten informer les équipes à proximité. Souvent, ils disposent aussi d’un système permettant de "rebobiner" 15 à 30 min dans le passé, leur permettant dedonner une description des suspectsen fuite.

Les dernières caméras à avoir été installées sont dites "intelligentes", c’est-à-dire que les images sont traitées par ordinateur, par des logiciels d’analyse vidéo. Ces programmes visent à détecter toute une série de comportements, de phénomènes que la police juge suspecte ou répréhensible tels que :

  • des attroupements
  • des personnes restant immobiles (suspectes de vol)
  • des tags
  • des dégagements de fumée
  • des dépôts d’immondices

Tous ces éléments sont détectés automatiquement sur base des variations de pixels détectés par les programmes d’analyse. Seulement, la vie urbaine est trop variable, trop imprévisible, trop diverse pour ces systèmes qui sont donc rapidement inondés par de fausses alertes. Tant que la technologie n’aura pas grandement progressé et que les flics n’engageront pas en masse pour analyser les innombrables alarmes émises par les caméras intelligentes, il n’y a donc pas lieu de trop s’affoler. La vigilance reste pourtant de mise. Les financements dans ce domaine sont à la hauteur des fantasmes de contrôle suscités par cette technologie récente.

Par ailleurs, quelques politicards se sont offusqués de la dispersion des pouvoirs en matière de vidéosurveillance et de la soi-disant trop faible collaboration entre les différents services publics et zones de police. Un vaste plan est donc prévu pour que les zones de police se partagent leurs images. Mais il est également prévu qu’elles puissent aller fourrer leur nez dans les images de la STIB, de la SNCB, de MOBIRIS, du Port de Bruxelles et qui sait encore quoi d’autre (on sait par exemple quela zone Bruxelles CAPITALE Ixelles a un accès direct aux images des commerçants de la rue Neuve).

Ministère des transports MOBIRIS : entre 400 et 500 caméras, principalement dans les tunnels,mais aussi aux principaux accès par autoroute à la ville.
Images conservées 14 jours.

STIB : près de 2000 caméras dans les bâtiments. Ces caméras sont financées par la région bruxelloise. Ce chiffre est appelé à doubler lorsque les métros automatiques (sans conducteur) seront mis en circulation. Par ailleurs, la STIB dispose de près de 4000 caméras dans ses véhicules. Les images provenant de ces caméras ne sont pas projetées en direct dans les salles de contrôle mais sont enregistrées et peuvent être visionnées en cas de besoin.

Le port de Bruxelles dispose d’une soixantaine de caméras le long du canal.

... à compléter

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document